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Journée de la femme

Publié le
« Les femmes n’ont pas tort du tout quand elles refusent les règles de vie qui sont introduites au monde, d’autant que ce sont les hommes qui les ont faites sans elles. »

Montaigne, (Essais, III)

 

Les femmes de notre fédération.

Au début du XXe siècle, des femmes de tous pays s’unissent pour défendre leurs droits. L’origine de cette journée s’ancre dans les luttes ouvrières et les nombreuses manifestations de femmes réclamant le droit de vote, de meilleures conditions de travail et l’égalité entre les hommes et les femmes, qui agitèrent l’Europe et le monde occidental, au début du XXe siècle.
La création d’une « Journée internationale des femmes » est proposée pour la première fois en 1910, La date n’est tout d’abord pas fixée, et ce n’est qu’à partir de 1917, avec la grève des ouvrières de Saint Pétersbourg, que la tradition du 8 mars se met en place. Après 1945, la Journée internationale des femmes devient une tradition dans le monde entier.
(Sources « INFO NET 2018 »).

Nous aurons bien sur une pensée pour Madame Andrée LAVAUD qui fut, par le passé, une présidente particulièrement active de la fédération.

La FNCOF compte parmi ses adhérents, de nombreuses Femmes.

En 2017, nous avons recensé 662 Présidentes de Comités, 1088 trésorières, et 1397 secrétaires. C’est dire la place qu’elles occupent, mais nous sommes encore bien loin d’une parité exemplaire.

Nous avons interrogé quelques Femmes au sein de notre fédération et de nos proches, voici leurs positions face à un manque toujours réel d’égalité  » Femmes -Homme « …

Marie-Françoise Quillet : délégué départementale de la FNCOF de l’Aude. Narbonne (11)
Coralie : Permanente de la FNCOF. Toulouse (31)
Nelly Dury : Maire-Adjoint en charge du Monde patriotique, des Seniors et des Jumelages. Montargis (45)
Guylaine : Permanente de la FNCOF. Toulouse (31)
Jeannine Pain : Administratrice FNCOF et déléguée départementale de l’Indre et Loire. Nouâtre (37).

Voici leurs réponses, effectuées en toute liberté, cela va sans dire.

 

Pensez-vous que la « JOURNÉE DES DROITS DES FEMMES  » soit toujours utile de nos jours, pourquoi ?

Marie-Françoise Quillet : Oui, car elle permet de faire un bilan de la situation des femmes, fêter les victoires et les acquis, et de faire entendre les revendications, afin d’améliorer la situation des femmes . Encore plus aujourd’hui avec l’actualité brûlante : égalité hommes – femmes. J’aimerai que cette journée internationale, soit vraiment une prise de conscience des problèmes rencontrés par les femmes dans divers pays, j’ai pu constater personnellement ces problèmes en Afrique, en Inde, les femmes sont toujours très loin d’être l’égal de l’homme.

Coralie : Il est vrai que nous avons beaucoup avancé, mais l’inégalité entre les hommes et les femmes est encore bien présente, et ce, dans de nombreux domaines.
Dans tous les cas, cette journée ne devrait pas exister, car il ne devrait pas y avoir d’inégalités. Cette journée peut contribuer à essayer de faire évoluer un peu plus les esprits, mais nous ne devrions pas en parler que le 8 mars. C’est un travail de tous les jours que d’inculquer autour de soi, le respect et les valeurs humaines.

Nelly Dury : Les femmes se sont vues attribuer des droits au titre de leur défense supposée… Jusqu’à ce que le XXe siècle leur confie la maîtrise de leur maternité et donc le droit de choisir et de devenir sujet et non plus objet.
L’établissement de leurs droits ne fait que débuter pour égaler celui des hommes.
Leur reconnaissance devrait bien s’étendre non pas sur une journée, mais sur 365 jours.

Guylaine :En fait il est toujours utile de rappeler que certains de nos droits ont été acquis plutôt récemment en France comme le droit de vote, l’IVG ou celui pour une femme de pouvoir disposer librement de son argent. Il est bien sûr utile de rappeler que pour autant le combat n’est pas fini que ce soit ici ou ailleurs. Il faut rester tous vigilants et dénoncer toutes les formes d’irrespect, de violences physiques ou verbales, les inégalités, les stéréotypes, etc. Est-ce pour autant utile de prévoir une journée annuelle des droits des femmes ? Je crois qu’on devrait plutôt apprendre dans nos écoles, dans nos familles, rappeler dans nos discours et dans nos actions qu’il est primordial, essentiel d’avoir des valeurs morales, humaines et que ces valeurs incluent en autres le respect des différences quelles qu’elles soient, l’équité, le refus de la violence, etc. Il ne faut pas oublier que l’ignorance est le meilleur terreau pour les préjugés et la haine de l’autre, et l’éducation la meilleure arme pour les combattre.

Jeannine Pain : Oui, car il y a toujours des différences autour de nous.

Quel est, en quelques mots votre parcours ?

MFQ : Elevée dans une famille ou l’aide aux autres était importante, puis enseignante, et éducatrice à la DDASS auprès d’enfants très défavorisés. J’ai 3 enfants. Bénévole à l’étranger auprès d’enfants (au Sénégal, Egypte, Vietnam, Inde).
Puis active en tant que bénévole en France dans des associations et enfin déléguée à la FNCOF.

C : Issue d’une famille modeste où les femmes sont en grand nombre, j’ai eu la chance de grandir auprès de personnes ayant de belles valeurs. J’ai pu travailler dans plusieurs domaines afin de financer mes études ce qui m’a permis d’échanger avec de nombreuses personnes. Assistante de communication au sein de la fédération depuis bientôt 7 ans, durant mon temps libre, je m’exprime grâce au théâtre et à la peinture.

ND : Autodidacte par excellence, je m’enorgueillis de la place que j’occupe depuis 2001 au sein d’une municipalité où je suis écoutée et suivie au travers de mes fonctions d’adjointe.

G : Je n’ai pas un parcours exceptionnel. J’ai quitté mon île de la Réunion à 18 ans pour faire mes études en métropole. Ce fut une décision difficile, car j’ai dû quitter le cocon familial, mes racines pour me lancer dans un monde inconnu. Je ne le regrette pas car ce choix a été formateur, il m’a appris l’indépendance, la liberté, la persévérance, …
Aujourd’hui je suis une femme épanouie et heureuse parce que je n’ai jamais renoncé devant les difficultés lorsque l’enjeu en valait la peine, et je n’ai surtout jamais renoncé à mes valeurs parce qu’elles constituent mon identité.

JP : Je fais du bénévolat depuis près de 50 ans auprès de Vaincre la Mucoviscidose ayant perdu 2 enfants de cette maladie et cela fait 15 ans que je suis présidente d’un comité des fêtes.

Lors de vos actions de bénévoles et / ou professionnelles, vivez-vous une différence entre Femmes et Hommes, si oui, laquelle ? De quelle manière et comment réagissez-vous ?

MFQ : Jamais, je ne fais de distinction entre homme et femme. Je travaille de la même façon avec chacun, je me sens à égalité avec les hommes.

C : Personnellement, je ne fais aucune différence à travailler avec un homme ou une femme. Il s’agit avant tout, d’une personne. Si certains hommes pensent le contraire, cela est surtout dommage pour eux.

ND : Les hommes privilégient des croyances sur les femmes pour oublier l’angoisse des connaissances qu’elles ont sur eux. Je crois être patiente, souriante et je refuse d’être distraite sans l’avoir souhaité.

G : J’ai été pendant plusieurs années secrétaire d’une association humanitaire qui agit encore aujourd’hui en Afrique dans les domaines de l’éducation et de la santé. Il y a d’ailleurs des actions très importantes qui sont entreprises pour aider, soutenir les femmes notamment pour leur indépendance financière. Je n’ai jamais ressenti de différences de traitement entre les hommes et les femmes au sein de cette association.
Professionnellement même si les mentalités évoluent, elles n’évoluent toujours pas assez vite. Les femmes doivent souvent prouver, plus que les hommes, qu’elles ont des compétences pour certains postes de responsabilités.

JP : Non, mais les tâches les plus dures sont réservées aux hommes, mais, cela se fait naturellement.

Quelles sont les actions que vous entreprenez ou souhaiteriez vous entamer afin de changer cet état de fait ?

MFQ : Arrêter la violence faite aux femmes, lutter contre la discrimination et la harcèlement et enfin vivre dans un monde meilleur où les hommes et les femmes ont les mêmes droits.

C : Continuer à revendiquer que la femme est l’égal de l’homme. Inculquer les valeurs essentielles à ceux qui nous entourent. Garder le discours que l’être humain est un être à part entière qui doit être respecté, qu’il soit un homme ou une femme, noir ou blanc, de telle ou telle religion, etc.

ND : Je m’emploie à rester calme, droite et à me maintenir au-devant de l’événement. Si les hommes sont la recherche, nous sommes, nous, le progrès.

G :Il appartient à chacun de faire reculer les préjugés et les clichés. Il faut expliquer parfois souvent, parfois longtemps…mais comme je l’ai déjà dit nous devons expliquer, rappeler à nos enfants, à nos parents, à nos amis, …à tous ceux qui nous entourent les valeurs du respect et de l’altérité.

JP : Aucune, car tout se passe bien.

Pensez-vous que vos responsabilités sont plus délicates à assumer que pour un Homme ? Précisez votre pensée.

MFQ : Personnellement je pense qu’il est pareil pour un homme et une femme d’assumer les mêmes responsabilités.

C : Pas du tout. Mais elles peuvent devenir délicates si l’on rencontre en face de soi une personne pouvant douter de la capacité d’une femme à les assumer.

ND : Je ne pense pas que les hommes se caractérisent par la responsabilité ni par l’intimidation, éventuellement, parfois, par l’invention. La responsabilité est aussi l’affaire des femmes.

G : Pas spécialement. Ceci étant femmes et hommes nous sommes différents, c’est un fait. Et je crois que nous avons beaucoup à apprendre des uns et des autres et quand nous travaillons tous ensemble, avec nos sensibilités différentes, nos parcours différents, bref nos différences…nous travaillons mieux, car nous avons une approche plus complète, plus approfondie des choses et finalement hommes et femmes nous sommes faits pour vivre à côté des uns et des autres, pas les uns contre les autres.

JP : Non je ne crois pas. Il faut simplement agir avec diplomatie et déléguer les actions avec les personnes responsables.

Nous remercions toutes les participantes !